« Faire des travaux chez soi » obtiendrait la note de 9 sur l’échelle de la souffrance ultime qui ne contient pourtant que 8 barreaux.

Je touche du bois : les travaux que j’ai entrepris pour mes clients ont toujours été une aventure revigorante et joyeuse. Un truc valorisant émaillé de ci de là, de quelques légers nuages vite dissipés par le travail, la communication et l’envie. Je croyais être définitivement immunisée contre la malédiction des travaux.

C’est donc pleine de confiance que je me suis lancée dans l’aménagement de mon propre appartement, gonflée à bloc par la certitude d’avoir à mes côtés la meilleure équipe bâtiment du monde.

Mais la vie -cette biatch- n’a pas plus de considération pour les spécialistes de la spécialité que pour les profanes de la profanation.

Comme dans Mars Attacks, l’ennemi peut venir de l’extérieur.

Si comme moi vous n’êtes pas adepte des thèses complotistes, vous aurez du mal à imaginer qu’un tiers aura décidé de se faire de la thune sur votre dos. Voilà une histoire qui vous donnera envie de vous vautrer dans vos tendances naturelles à la parano.

Mes rapports avec ma voisine avaient fort mal débutés. Et c’était de ma faute. En arrivant dans mon appartement, j’avais ouvert l’eau au général. Le robinet de la machine à laver était resté ouvert et l’eau s’était immédiatement déversée à gros bouillon pendant de longues secondes dans la cuisine. Dans un appartement normal, on aurait passé l’éponge et rien de serait arrivé. Mais dans une cuisine sans étanchéité, il suffisait de renverser une tasse de thé pour créer un dégât des eaux sur le plafond du dessous.

Ce qui ne manqua pas d’arriver.

Déclarations, excuses, passage du professionnel du plafond et tout le toutim. Nous avons fait de notre mieux pour résorber la cata.

Trop tard. L’association travaux = assurance =jack-pot était née dans le cerveau du dessous.

Les travaux étaient sur le point de débuter. Je fais venir un huissier de justice pour constater l’état de son appart. Bizarrement, la voisine n’est disponible qu’après le début des travaux. Ce qu’elle m’a beaucoup reproché par la suite. Car oui, la voisine ne voit aucun inconvénient à vous reprocher qu’elle n’était pas disponible avant. D’ailleurs, je dois aussi être responsable du réchauffement climatique et des corps au pied, en cherchant bien.

L’huissier est passée 48h après le début des travaux. Et là, toutes les fissures qui émaillaient son plafond (fissures bien présentes 3 mois plus tôt lorsque j’étais venue constater le dégât des eaux) étaient désormais apparues dans les dernières 48 heures par la grâce de mes travaux.

NB : Pendant la zone de turbulence des travaux, bien difficile il sera de garder foi en l’humanité.

 

 Mon entrepreneur n’est pas un être humain ordinaire. C’est Chuck Norris.

« Mais c’est un chef de meute, tu ne peux pas lui reprocher des trucs devant son équipe ! » Ah pardon, j’avais pas compris,  je savais pas que les gars du bâtiment se déplaçaient en meute de hyènes ou de cochons d’Inde. Dans mon immense naïveté, je croyais aussi que c’était normal quand on savait pas pourquoi un chantier était arrêté depuis 3 mois de poser la question pourquoi il est arrêté le chantier depuis trois mois. Enfer et damnation, j’avais offensé les Dieux. En guise de réponse, j’obtins des hurlements dans une langue que je ne connaissais pas (genre araméen je crois, un truc qu’on entend dans l’Exorciste).

J’avais donc merdé quelque part, il devait y avoir une raison à tout cela. Je tentais d’avoir des explications à base de phrases, de mots et de lettres.

C’est là que j’ai compris que la communication se ferait désormais par télépathie. Le chef de meute envoie Urbi et Orbi des messages en pissant virtuellement dans les coins. En donnant, puis en reprenant. En te prouvant par ses actes que c’est lui le chef.

NB : Si lorsque tu demandes un trucs, le chef de la meute ne te répond pas,  ça veut dire non. Le chef de la meute est un peu japonais.

On se parlait encore; mais on ne communiquait pas. Le chef de meute se montrait souvent magnanime et le travail était toujours de qualité. Mais dès que la couille inhérente à tous les travaux faisait surface dans le potage, le chef de meute ne tolérait pas d’être ramené à sa condition de mortel : Si même les meilleurs font des erreurs, lui jamais.

 

John Wayne

 Never complain, never explain, never apologize. Le chef de la meute, c’est un peu John Wayne.

Encore aujourd’hui, alors que tout est pratiquement terminé, que le travail a été super bien fait dans sa grande majorité, le chef de meute fait des blagounettes pour assoir sa mauvaise volonté divine. Voilà 4 ou 5 fois que ses gars reviennent pour terminer des trucs, mais pas tout à fait, histoire que je rappelle, qu’ils reviennent, et qu’ils ne terminent pas tout à fait. Alors je rappelle, je renvoie la liste des trucs à faire, la même depuis deux mois, que les gars font semblant de découvrir à chaque fois.

NB : Pour t’entendre avec ton entrepreneur, tu devras être un homme d’une cinquantaine d’année, engagé dans les marin’s, et Freud est un gros pédé.

 

 

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Biographie : « Vous plaisantez Monsieur Tanner » de Jean Paul Dubois. L’histoire vraie de la restauration d’une maison. Un truc qui vous fera passer votre propre expérience de travaux pour une journée à Disney Land Paris.

 

 

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Cette entrée a été publiée le 1 février 2016 à 18 h 43 min et est classée dans Non classé, travaux. Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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