Papier peint mon amour.

Chers amis, chers lecteurs adorés, aujourd’hui nous allons parler du magnifique, du merveilleux, de l’incroyable papier peint.

Alors bien sur, les plus de 35 ans se souviennent du papier peint saumoné des années 80-90, des fleurettes de Laura Ashley, des textures moches et abstraites que j’ai encore vu hier dans un cabinet de radiologie, qui vont de paire avec la moquette en carré et les croisillons au plafond.

D’autres se souviendront des arabesques murales des vieilles demeures des grands parents dont les pigments restaient sur les doigts. D’ailleurs, si nous étions milliardaires, nous n’achèterions aujourd’hui que ce type de papiers faits main; parce que ça existe plus que jamais. En attendant le jour béni où nos talents entreront en bourse pour faire une belle bulle de rien qui nous donnera les moyens de recouvrir notre manoir de papier fait main, nous allons nous poser cette question capitale : comment utiliser du papier peint dans son chez soi sans se prendre les pieds dans le tapis.

Allez hop, avant ça, un peu d’histoire.

Le papier peint a été inventé en Chine. Le premier à évoquer le papier peint dans ses récits n’est autre que Marco Polo : il dépeint, dans son Livre des merveilles, la splendeur des intérieurs chinois.Si son évolution semble évidente, c’est trop vite oublier les multiples périples du papier peint qui gagne le monde arabe par la route de la soie, précieusement enfermé dans les caravanes. Au milieu du XVIIIe siècle, en pleine époque des Lumières, le papier peint voit son destin lié à celui de l’imprimerie. Diderot et d’Alembert évoquent dans leur Encyclopédie la technique qui permet sa propagation. Toute une classe moyenne, qui émerge, ne se satisfait plus des murs à la chaux et suit Marie-Antoinette qui a lancé la mode du papier peint. Réveillon sera le premier grand maitre du papier peint, et lui donnera toutes ses lettres de noblesse. On dénombre rien qu’à Paris une quarantaine de fabriques en 1790. La France est alors le lieu de rayonnement du papier peint. Sous le règne de Napoléon III, l’industrie du papier peint connaît un essor sans égal. Après l’impression à la planche, l’adoption des machines anglaises et la maîtrise de la vapeur en 1860 permettent des avancées techniques absolument colossales. Le XXe siècle voit l’apogée du papier peint qui s’adapte parfaitement au développement accéléré de l’urbanisation européenne. C’est jusqu’aux années 1980 la décoration murale la plus utilisée au monde. Au milieu des années 2000, le papier peint fait son grand retour. Porté par une nouvelle vague de designers, il redevient incontournable, inspirant la mode et le luxe.*

Pourquoi le papier peint c’est chic :

– Parce que Wallpaper c’est aussi un magazine de vieux hipsters. Bien plus qu’un guide déco, c’est un vrai catalogue de style de vie.

– Parce que Le Corbusier le qualifiait de « peinture à l’huile vendue en rouleau ».

– Parce qu’on peut faire entrer chez soit les meilleurs designers (les pires aussi) pour moins cher qu’un tableau original.

– Parce que le vrai trésor de votre maison ancienne, celui que vous avez trouvé caché sous le lambris, c’est lui.

– Parce que le papier peint ce sont des fleurs non périssables.

– Parce que le papier peint vous offre une vue sur la mangrove, la forêt ou la plage en plein Paris.

Mais attention, un papier peint cela peut être le sommet de la vulgarité lorsque :

– vous utilisez un trompe l’oeil de mauvaise qualité (livres, capitonnage, mur de briques, l’oeil de boeuf…). Le trompe l’oeil s’est dangereusement galvaudé. Même si on trouve encore des travaux d’exception qui sont une oeuvre à part entière, c’est un art terriblement casse gueule qu’une poignée seulement parvient à maîtriser.

– les nacrés, les brillants, les roses (la couleur) se sont fracassés sur le mur du bon goût au début des années 2000. La faute à la télé réalité, à Paris Hilton, aux émissions déco de la télé.

– les matières à la con (comme on dit dans le métier), c’est non. Du papier c’est du papier. Pas de textures ridicules qui imitent mal la pierre, le tadelakt, la poudre d’étoile, le cuir ou la brandade de morue. Non, on vous dit.

– le cuir. Non mais ça va pas ? Pourquoi pas du saumon fumé ? Autant collé directement des billets de banque sur le mur. Ce sera tout aussi vulgaire.

– les stickers. Pitié. Même pas je m’abaisse à expliquer pourquoi.

 Les motifs qui nous excitent. Le papier peint est avant tout une affaire de motif. En voici quelques uns avec lesquels vous ne pourrez pas (trop) vous planter.

le tartan : c’est très difficile de trouver un beau tartan. On doit généralement se rabattre sur du tissus hors de prix. En voici un qui fait son petit effet : le Tartan de chez Sanderson. Pas cher (60 Euros  le rouleau), une affaire. Le voici chez un de mes clients, une agence de pub, dans un shooting de mode.

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La rayure : un classique inusable. Cela vous parait trop sage ? Peut être, mais c’est indémodable et garanti sans faute de gout. Mais attention, on ne l’associe pas avec une frise. La frise ça n’existe pas ! En revanche, il est possible de l’associer à un autre papier, séparés par exemple par une cimaise à hauteur de la taille. Et puis la rayure est généralement moins chère et facile à trouver que les autres motifs.

Par exemple : AFDC3/4, chez l’incontournable Au fil des couleurs http://www.aufildescouleurs.com/

Les feuillages : Une tocade branchée, c’est bien possible, mais qu’est ce que c’est beau !

f21673055311195edc4479f73ba92a4f Palm jungle, Cole and Son.

Les géométriques numériques : Enfants éprouvettes des géométriques papiers oranges des années 70, ces papiers proposent généralement des formes à base de triangles colorés. Ce motif omniprésent (graphisme, design, logo…) nous fait bientôt craindre l’overdose. Mais jusqu’ici, tout va bien.

Capture d’écran 2014-11-21 à 18.00.54Cole and Son.

Les vintages : de plus en plus difficile à trouver et uniquement sur Internet, on voit en ligne des boutiques s’ouvrir de vieux stock de papiers peints de 1880 à 1970. La plus part sont aux Etats Unis et proposent des merveilles. Je vous donnerais bien des adresses, mais le temps que vous y alliez elles auront disparu… la demande est telle que les stocks s’épuisent. Moralité, si vous tombez sur une dizaine de rouleaux d’avant 70 dans votre grenier, intéressez-vous-y. Sur la photo suivante, voici un chantier réalisé avec des papiers que j’ai trouvé via Internet aux Etats Unis datant des années 40-50. Des novels prévus pour la salle de bain : des papiers peints à motifs ruraux de fermes et d’animaux.

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papier_gardes_impression_1748papier inconnu (http://le-bibliomane.blogspot.fr)

Les couillus pop ou traditionnel : Couillus, car vous ne pourrez pas passer à côté une fois dans votre salon. Personnellement j’adore. Si je pouvais, j’en collerais à l’intérieur de mes paupières.

2853d59870086bbbe1c69ceb113f8827Le Flamingo de Cole and Son.

19425-0-Nottambule-Border_97-5017 Le Nottambule de Fornasetti.

0fc09ee27519cafa79b571e60e27420c Des champignons d’un éditeur inconnu. Mais qu’est ce qu’ils sont beaux !

Les novels, ou le papier peint qui raconte une histoire : On trouve dans cette catégorie les toiles de Jouy, les chinoiseries, les singeries, les papiers pour enfant vintage, les jungles, les illustrations de conte…

asian-wallpaper Un papier issu de la collection « folies » de Cole and Son.

Capture d’écran 2014-11-21 à 18.37.44 « Kiss the frog » de Pip studio

Les fleuris traditionnels ou pop :

pip-studio-behang-cherry-blossoms-yellow 386035SQm-R800 Le pop vitaminé de Pip Studio ou…

fontainebleau-99-12051 … le Fontainebleau de Cole and Son.

Les paysages : Quand j’étais petite, mon dentiste avait dans son cabinet une vue imprenable sur une plage des Seychelles. Un rêve. Banni pendant les années 80-2010, le poster paysage gigantesque fait son retour, et moi j’aime bien (Bien sur et comme toujours, il convient d’éviter les vues de New York de nuit comme de jour). Là encore, c’est une tendance sur le fil du rasoir : vous pouvez à tout moment basculer dans le vulgaire premier ou second degrés. Mais si vous choisissez bien, à vous le frisson du voyage immobile !

Capture d’écran 2014-11-21 à 18.51.54

domestic-449-zm-pandarosazoom1NDL021

Où trouver du beau papier peint ? Dieu que c’est difficile ! Pour avoir du beau papier, il faut le voir, le toucher. Pas moyen de se rabattre sur Internet. Donc il faut en général se fier à des éditeurs de renom. Fuyez pour une fois les magasins de bricolage. En matière de papier, c’est une cata. Pour trouver un beau papier peint, il faut se rendre dans un magasin dédier à la déco, à l’ancienne. Appelez-les avant pour connaitre quels sont leurs éditeurs. Si les éditeurs qui suivent figurent dans la liste, vous pouvez y courir les yeux ouverts. A Paris, le plus fourni est le BHV. La meilleure sélection, c’est Au fil des couleurs. Mais dans chaque quartier, vous trouverez quantité de petites boutiques de déco bien tenues susceptibles de vous dégoter de vraies beautés.

Les éditeurs…

Mon préféré : Cole and Son. Autant vous le dire tout de suite, le beau papier peint ça coute un bras. Si un rouleau Cole and Son n’est pas fait main, il offre un rapport qualité prix vraiment pas mal. Car en dessous de 90 euros du rouleau, vous allez galérer à trouver du beau papier. Les papiers Cole and Son que je vous propose coutent de 90 euros à 130 euros le rouleau de 52 cm (http://www.cole-and-son.com/int/.)

Celui que l’on achète en choisissant sa peinture : http://www.osborneandlittle.com/

Le fait main accessible de la petite entreprise familiale (et vachement beau) : http://www.lespapierspeintscochenko.com/. 2 soeurs parisiennes fabriquent ça avec leurs petits doigts dans leur atelier.

Les fleuris shabbi pop : http://www.pipstudio.com/en/wallpaper. Une marque hollandaise de papiers peints qui se déclinent en vaisselle.  Autant vous le dire, quand j’ai montré cette collection à un de mes clients, j’ai cru qu’il allait vomir.  Ce papier là est à manier avec précaution. C’est une bombe qui se ballade sur le fil tendu entre l’overdose shabby moche et la vitamine joyeuse. A vous de voir. Moi j’ai un faible pour les fonds jaune moutarde… mais je n’ai pas encore franchi le pas.

Sur ce je vous laisse. Mais je vous retrouve demain pour la suite de cet article spécial papier peint, avec cette question qui vous empêchera de dormir : Le papier peint d’accord, mais où et comment ?

*(Wikipedia)

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Cette entrée a été publiée le 21 novembre 2014 à 19 h 51 min et est classée dans cole and son, décoration, papier peint, papiers peints. Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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